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Épisode 2 — Dre Liliane Malczewski, présidente de l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ)

Épisode 2 — Dre Liliane Malczewski, présidente de l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ)

ODQ : protéger le public au cœur des priorités et repenser la collaboration en clinique

 

Dans ce deuxième épisode du balado Les voix au cœur de l’excellence !, Dre Liliane Malczewski, présidente de l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ), revient sur le rôle fondamental de l’Ordre, ses priorités stratégiques et les transformations en cours dans la pratique dentaire. Un échange qui met en lumière les enjeux actuels du réseau et l’évolution des collaborations en clinique.

Un rôle encore méconnu : la protection du public

 

D’entrée de jeu, Dre Malczewski rappelle la mission centrale des ordres professionnels, souvent mal comprise du grand public.

« Notre rôle, notre fonction essentiellement c’est d’assurer la protection du public. »

Concrètement, cela signifie encadrer la profession afin de garantir que chaque patient reçoive des soins dans un environnement sécuritaire, prodigués par des professionnels compétents et selon des normes établies. L’Ordre agit ainsi comme régulateur, veillant à la qualité et à la sécurité des soins offerts au Québec.

Recentrer les actions sur la mission

 

Dans un contexte de planification stratégique, l’ODQ souhaite revoir ses priorités en se basant sur sa mission fondamentale.

L’objectif : structurer ses actions pour qu’elles aient un impact concret sur le terrain, notamment à l’interface des soins.

Dre Malczewski évoque plusieurs axes de travail, dont la prévention, l’accompagnement des membres et la mise en place d’un cadre réglementaire clair. Elle insiste également sur l’importance de définir des attentes précises pour assurer une pratique « sécuritaire normée aux normes scientifiques et déontologiques ».

Modernisation des cabinets : vers une collaboration renouvelée

 

L’un des points marquants de l’épisode concerne la modernisation des cabinets dentaires, abordée à la suite d’un colloque organisé conjointement avec l’Ordre des hygiénistes dentaires.

Selon Dre Malczewski, cette modernisation s’inscrit dans un contexte de transformation des relations professionnelles :

« On n’est plus dans un contexte de supervision des hygiénistes, on collabore avec des professionnels et on est sur un pied d’égalité en ce qui concerne l’imputabilité de la qualité du travail. »

Cette évolution vers une relation plus horizontale redéfinit les pratiques en clinique et renforce le travail en équipe.

Sécurité, prévention et cohérence des pratiques

 

La collaboration entre les ordres professionnels s’étend également à l’élaboration de lignes directrices communes, notamment en matière de stérilisation, d’asepsie et de retraitement des dispositifs médicaux.

« C’est vraiment au cœur de nos cliniques : la sécurité et la prévention des infections, c’est vraiment ça qui donne la confiance du public dans nos établissements. »

Cette approche concertée vise à assurer une cohérence dans les pratiques et à renforcer la confiance des patients envers les établissements dentaires.

Accès aux soins : un enjeu de répartition et de planification

 

Abordant la question de la main-d’œuvre, Dre Malczewski nuance l’idée d’une pénurie généralisée chez les dentistes.

Elle parle plutôt d’un enjeu de répartition sur le territoire québécois, particulièrement en région, et souligne l’importance de planifier l’accès aux soins dans un contexte de demande croissante.

Le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de personnes assurées contribuent à un achalandage accru dans les cliniques, ce qui accentue les défis d’organisation et d’accès.

Reconnaissance des compétences et mobilité professionnelle

 

L’épisode aborde également le parcours des dentistes formés à l’étranger. Dre Malczewski précise que des mécanismes existent pour évaluer les compétences et permettre l’obtention d’un permis de pratique.

Le processus repose notamment sur des examens visant à valider les connaissances et les compétences cliniques, assurant ainsi que les professionnels répondent aux exigences de la pratique au Québec.

Conclusion

 

Cet épisode offre un éclairage précis sur les responsabilités de l’Ordre des dentistes du Québec et sur les transformations en cours dans la pratique professionnelle. Entre protection du public, évolution des modèles de collaboration et enjeux d’accès aux soins, Dre Liliane Malczewski met en perspective des réalités qui touchent directement le quotidien des cliniques.

Pour mieux comprendre ces enjeux et entendre l’intégralité de l’échange, l’écoute de l’épisode complet s’impose.

Épisode 1 — Mme Guylaine Beaudoin, B.A. communication publique

Épisode 1 — Mme Guylaine Beaudoin, B.A. communication publique

Communication interpersonnelle : l’art de dire sainement ce que l’on pense

 

Dans le premier épisode du balado Les voix au cœur de l’excellence !, Mme Guylaine Beaudoin rappelle une réalité souvent sous-estimée en clinique : communiquer ne signifie pas nécessairement bien communiquer. À travers une réflexion concrète et ancrée dans le quotidien professionnel, elle propose des repères essentiels pour améliorer la qualité des échanges au sein des équipes… et avec les patients.

Communiquer… mais pas toujours de la bonne façon

« On communique toujours et tout le temps », affirme d’emblée Mme Guylaine Beaudoin. Pourtant, cette évidence cache une lacune importante : si parler est un réflexe acquis dès l’enfance, bien communiquer ne l’est pas nécessairement.

Dans les milieux cliniques, où les interactions sont constantes et souvent chargées d’enjeux, cette distinction prend tout son sens. Les malentendus, les tensions ou les inconforts relationnels ne sont pas rares. Selon la conférencière, parler beaucoup ne garantit pas une communication réussie et encore moins une communication saine.

Son approche repose sur une idée centrale : apprendre « l’art de dire sainement ce que l’on pense », notamment lorsqu’il faut aborder des situations délicates avec des collègues.

Avant de parler : clarifier son intention

 

Pour éviter les dérapages émotionnels, Mme Beaudoin insiste sur une étape souvent négligée : la réflexion.

Avant toute intervention, elle propose de se poser deux questions fondamentales :

  • Qu’est-ce que je veux vraiment dire ?

  • Qu’est-ce que je ne veux surtout pas créer comme conséquence ?

« Je ne veux pas le blesser. Je ne veux pas avoir une rupture de relation », illustre-t-elle.

Cette double réflexion permet de structurer son message avec plus de justesse, en intégrant des exemples concrets et des pistes de solution. Elle devient un levier pour maintenir l’équilibre entre fermeté et respect.

Mais la réalité du terrain est rarement idéale. Lorsqu’une situation surgit sans préparation, Mme Beaudoin recommande une compétence clé : l’auto-observation.

Reconnaître ses réactions physiques et émotionnelles permet d’éviter ce qu’elle appelle une « communication moins saine ». Identifier ces signaux devient alors un outil pour garder le calme et rester aligné avec son intention initiale.

L’écoute : un levier trop souvent sous-estimé

 

Si la parole occupe souvent l’avant-plan, Mme Beaudoin rappelle que la communication est avant tout un échange.

« La qualité d’écoute influe beaucoup sur la qualité de relation. »

Elle insiste sur une écoute réelle, attentive, sans distraction. Regarder son interlocuteur, porter une attention complète et éviter les multitâches deviennent des gestes simples, mais déterminants.

Au-delà des mots, elle souligne aussi les limites du langage :
« Le langage… c’est très limité et on est capable de décoder beaucoup plus que seulement des mots. »

Ainsi, comprendre ce qui n’est pas dit fait partie intégrante d’une communication efficace.

Une compétence humaine à préserver

 

Avec plus de 30 ans d’expérience, Mme Beaudoin observe une évolution marquée : l’apprentissage de la communication s’est largement déplacé vers la maîtrise des outils technologiques.

Or, selon elle, cette tendance a un coût : la qualité des relations humaines.

« Un humain qui parle à un autre humain… ça, ça a très peu changé. »

Même à l’ère de l’intelligence artificielle, elle demeure catégorique : aucune technologie ne pourra remplacer la richesse d’un échange humain authentique.

Elle va plus loin en affirmant que les professionnels les plus valorisés dans les prochaines années seront ceux qui sauront réellement communiquer — et non seulement utiliser des outils.

Des enjeux bien réels en clinique

 

Lors de son passage au congrès, Mme Beaudoin a été confrontée à des problématiques concrètes du milieu dentaire, notamment la gestion du respect des rendez-vous par les patients.

Comment exprimer des attentes claires sans heurter ? Comment amener un changement de comportement tout en préservant la relation ?

Ces questions illustrent bien la complexité des interactions en clinique. Et, selon elle, peu importe l’enjeu, une constante demeure :
il existe toujours une façon saine de l’aborder.

Conclusion

 

Cet épisode met en lumière une compétence essentielle, mais trop souvent tenue pour acquise : la communication interpersonnelle. À travers des repères simples et applicables, Mme Guylaine Beaudoin propose une approche lucide, respectueuse et profondément humaine des échanges professionnels.

Pour toute personne évoluant en clinique dentaire — ou dans tout environnement où les relations humaines sont au cœur du travail — cette réflexion mérite d’être entendue.

Écouter l’épisode complet, c’est prendre un moment pour questionner sa propre manière de communiquer… et, peut-être, transformer la qualité de ses relations au quotidien.